jeudi 17 janvier 2013

Pinkerton/ la mauvaise tête




Résumé de la maison d'édition: 
Deux amis nouvellement célibataires, cuvant leurs échecs communs, découvrent que leurs déboires ont quelque chose à voir avec leur affection nostalgique pour la musique des années 1990. Un album de cette époque retiendra particulièrement leur attention. Viendront-ils enfin à bout de son influence néfaste? 


Pinkerton était déjà un grand succès de la microédition. 
C’est surtout une comédie douce-amère sur l’amour, la musique et les soirées bien arrosées qui finissent autour d’une poutine. Nouvelle postface de Nicolas Tittley. 

176 pages, noir et blanc. Sortie en librairie novembre 2012.  



Critique:


Il peut paraître osé de dire que Pinkerton est déjà un succès de la microédition, mais diantre, ils ont raison. À sa deuxième réédition et réimpression après quelques mois, ce roman graphique a fait des vagues. 

L'histoire, c'est deux gars qui tentent de redéfinir leur conception de l'amour et des relations, après une rupture, en sous-tirant les concepts identitaires des chansons de l’album Pinkerton de Weezer. Ils le font un peu avec sérieux, un peu par humour, beaucoup par déculpabilisation et certainement avec amour des concepts vagues qu'apporte la musique des années 90. Un livre qui porte un discours essentiellement masculin sur les peines d'amour et les relations amoureuses. 









Est-ce qu'il faut être un connaisseur de Weezer pour apprécier l'album? Absolument pas. Je n'ai pas la prétention de dire que je le suis et je n'ai jamais vu mon plaisir de lecture bafoué. En être un m'apparaîtrait même gâcher un peu le plaisir tellement les analyses des personnages sur les intentions du chanteur sont ludiques. Un trop grand fan verrait même un peu de mal le plaisir qu'ont les deux auteurs à simplifier certains concepts des chansons pour les adapter à leur situation. Non, l'avertissement que je mettrais: c'est que le texte des chapitres est dur à comprendre pour un lecteur qui n'est pas initié à la rhétorique, le cynisme et les critiques sociopolitiques. 


Le discours critique porté sur la politique, l'éducation ou la vie en société prend parfois  la place du sujet principal, par le biais de petits moment ludiques qui sont camouflés par le biais des discours sur les relations amoureuses.  Par exemple, où il est noté  que nous pouvons relire un chapitre en changeant le mot canard pour Canada. 

Le dessin minimaliste peut rebuter au départ, mais s'apparaît rapidement être d'une justesse du détail graphique incroyable. Un espace emphatique est toujours laissé à l'objet, le concept de pensée ou le personnage qui est mis en valeur, déclenchant ainsi toujours l'effet émotionnel escompté.

Comment ne pas rire à l'image du canard pointé comme fautif du drame relationnel d'un individu?

Rire, je l'ai fait tout au long de l’oeuvre de François Samson-Dunlop et d'Alexandre Fontaine Rousseau en voyant ces deux personnages qui finalement barrent des chansons pour un oui et un non sans rien apprendre véritablement.

note du critique 5/5

L'album complet de Weezer : 

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